Dans la langue chinoise moderne, le terme « 装潢/ zhuāng huáng » (zhuānghuáng) revêt trois sens, dont l’un fait référence à l’utilisation de papier teint au jus de Huangbo (l’arbre au liège de l’Amour). Ce papier, communément appelé « 潢纸/ huáng zhǐ», est utilisé pour le montage des peintures et des calligraphies.[1]. Dans la Chine ancienne, le montage et la restauration des œuvres picturales et calligraphiques étaient englobés sous la même appellation装潢 [2],[3]. L’un des principaux traités de ce domaine est l’ouvrage intitulé装潢志/Zhuānghuáng zhì, rédigé par Zhou Jiazhou à l’époque des Ming[4]. Cet ouvrage détaille les techniques, les matériaux et les principes relatifs au montage et à la restauration des peintures et calligraphies, en insistant sur le rôle essentiel de l’装潢 dans la conservation des œuvres. Zhou Jiazhou y avance l’idée que « 书画之司命也 », selon laquelle la qualité du montage détermine littéralement la « vie » ou la « survie » des peintures et calligraphies, soulignant ainsi l’importance capitale de ces interventions pour leur préservation[5].
Les lettrés ne se limitaient pas à l’aspect technique ; ils affichaient également une attitude prudente vis-à-vis de la restauration et de la protection des peintures et calligraphies. Ainsi, Mi Fu, artiste de la dynastie des Song du Nord, recommandait :古画不脱不裱 (Tant que les peintures et calligraphies ne se sont pas détachées de leur montage, il est préférable de ne pas les remonter), prônant ainsi l’évitement de toute intervention excessive afin de préserver l’état originel de l’œuvre[1], [2]. Cette notion s’apparente en partie au principe de la « minimum intervention », largement adopté dans les théories contemporaines occidentales de la restauration du patrimoine culturel[3].
Certains chercheurs considèrent qu’avec l’introduction des concepts modernes de conservation-restauration du patrimoine, la restauration des peintures et calligraphies chinoises s’est progressivement éloignée de 装潢, évoluant ainsi vers un domaine d’étude autonome. Bien que les techniques et méthodes modernes diffèrent de celles utilisées dans l’Antiquité, leur objectif fondamental demeure inchangé : préserver l’intégrité et la valeur historique des peintures et calligraphies[1].
[1] FAN, S. pp. 344-350.
[1] Ibid. p.346.
[2] MI, Fu (dynastie Song du Nord), « Peintures de la dynastie Tang (Peintures de l’époque Tang (avec un complément sur les œuvres de la période des Cinq Dynasties et des dynasties contemporaines) (= 唐画(五代、国朝附))», dans : Histoire de la Peinture (=画史), dynastie Song du Nord, disponible sur le site : https://zh.wikisource.org/zh-hans/畫史#唐畫%E3%80%88五代、國朝附〉, consulté le 28 janvier 2025.
L’Histoire de la peinture est un traité de peinture écrit par Mi Fu, célèbre peintre de la dynastie des Song du Nord. Il y aborde tant la théorie que la pratique de la peinture. Dans cet ouvrage, Mi Fu formule d’importantes réflexions sur la restauration des anciennes peintures. Le passage original est le suivant : « 古画若得之不脱,不须背褾。 若不佳,换褾一次,背一次,坏屡更矣,深可惜。盖人物精神发彩,花之秾艳蜂蝶,只在约略浓淡之间,一经背多,或失之也。»(Si la soie (ou tout autre textile) qui sert à monter la peinture, de même que le papier de doublage au dos, n’ont pas commencé à se détacher, il est préférable de ne pas procéder à une nouvelle opération de montage. Même si la monture d’origine n’est pas idéale, la remplacer et la renforcer à plusieurs reprises finit par causer des dommages à l’œuvre, ce qui est fort regrettable. L’âme d’une peinture ancienne, qu’il s’agisse du mouvement et de la présence des personnages ou de l’éclat des fleurs accompagnées d’abeilles et de papillons, tient précisément à ces jeux subtils d’encre et de couleur. Dès lors que la peinture subit trop de manipulations ou de ré-encollages, cette subtilité se perd).
[3] Bertholon, R. De la pratique à la théorie : une déontologie née dans les ateliers. Actualités de la Conservation, no. 34, 2016, pp. 1-6, p. 5, en ligne : https://multimedia-ext.bnf.fr/lettres/conservation/pdf/lettre_cons_34_art4.pdf, consulté le 28 janvier 2025.
[1] LI, Diankui (dir.), entrée裝潢, dans : Révision et réédition du dictionnaire de la langue nationale (=重编国语辞典修订本), [En ligne : https://dict.revised.moe.edu.tw/dictView.jsp?ID=119613&la=0&powerMode=0]. Consulté le 26 janvier 2025.
[2] WANG, Yikun, Étude sur l’évolution de zhuāng huáng ( le montage et de l’encadrement) des peintures et calligraphies (=书画装潢沿革考),Éditions du Musée du Palais, juin 1993, Pékin, p.1
[3] FAN, Shengli, «Analyse de la pensée traditionnelle en matière de restauration des peintures et des calligraphies anciennes (=古代书画修复思想探析) », dans : Étude et restauration des biens culturels (=文物修复与研究),pékin : Comité professionnel pour la restauration des biens culturels de la Société chinoise des biens culturels,numéro. 0, 2016, pp. 344-350, p.344.
[4] ZHOU, Jiazhou, Zhuānghuáng des anciennes œuvres picturales et calligraphique (=装潢志), dynastie Ming, en ligne : https://ctext.org/wiki.pl?if=gb&chapter=98450, consulté le 29 janvier 2025.
[5] Idem. L’expression “书画之司命也” est tirée de la préface du Zhuānghuáng zhì. Le passage original se présente ainsi : 窃谓装潢者,书画之司命也。(Ce qui signifie : “Selon moi, la qualité du 装潢 détermine littéralement la vie ou la survie des peintures et calligraphies.”).
在东亚和部分东南亚文化中,手卷是重要的绘画或书法装裱形式(另一种为立轴)。手卷一般由右自左横向展开,其长度通常可达数米,高度约为25至40厘米。 动态的观...
Kintsugi setzt sich aus folgenden Zeichen zusammen: 金 (kin) – Gold, Metall, Geld und 継ぎ (tsugi) – Verbindung / Reparatur / Zusammenfügen Kintsugi i...
In contemporary Chinese, the term 锔瓷/jū cí refers to a traditional technique for repairing ceramics using metal staples. Prior to the twentieth cent...
According to modern Chinese language dictionaries, the term 锔子/jū zi refers to an instrument, usually fashioned from copper, iron, or another materi...
The term 锔补/jū bǔ is made up of two Chinese characters: 锔/jū and 补/bǔ. The character锔first appears in the phonology dictionary of Chinese charact...
In Chinese, the three terms 修补/xiū bǔ, 修缮/xiū shàn, and 修复/xiū fù all express the idea of making a damaged or incomplete object whole. However, ...
According to the Dictionary of Modern Chinese (漢典 2016), the term 保护/bǎo hù refers to the action of taking care of something, by protecting it fro...
In contemporary Chinese dictionaries, the term 博物馆/bó wù guǎn refers to a place devoted to the permanent preservation and study of animals, plants,...
This website uses strictly necessary cookies to function. We would also like to use functional and analytical cookies to improve your experience. You can choose to accept or decline.